Une initiative de la princesse Esmeralda de Belgique, pour réveiller les consciences
Cette projection s’inscrit dans le cadre de la présidence pro tempore du Honduras à la tête de la Coalition des Nations dotées de forêts tropicales (CfRN), à l’approche de la COP30 qui se tiendra au Brésil en novembre 2025.
Planète Amazone se réjouit de cette initiative portée par la princesse Esmeralda de Belgique, co-réalisatrice du film, dont l’engagement pour la reconnaissance des droits de la Nature et des peuples indigènes n’est plus à démontrer. « J’ai une relation très particulière à l’Amazonie qui me vient de mon père [le roi a créé le Fonds Léopold III pour l’exploration et la conservation de la nature en 1972]. Il a noué des contacts avec le chef Raoni. J’avais envie de raconter cette lutte du peuple indigène qui continue aujourd’hui avec les jeunes leaders« , confiait elle lors d’une projection à Bruxelles.

Présenté pour la première fois en Chine, le message du film prend une portée nouvelle : celle d’un dialogue entre les cultures et d’un appel universel à la responsabilité écologique.
Le paradoxe chinois : protéger ses forêt et importer le bois
Alors que la Chine a mis en place depuis plusieurs années une politique stricte de préservation de ses forêts nationales, elle importe massivement bois, huile de palme, caoutchouc et soja, contribuant ainsi indirectement à la déforestation mondiale.
Selon Alain Karsenty, économiste au CIRAD et à l’IFRI, la Chine exerce une » externalisation de la déforestation » à travers ses importations et ses investissements à l’étranger : » La Chine est effectivement un facteur majeur de la déforestation dans le monde. Ces dernières années, le pays a mis en place une politique de protection de ses ressources forestières à l’intérieur de ses frontières. De fait, il est devenu très difficile d’exploiter les forêts chinoises. Mais pour autant, le besoin en bois de la Chine — qui est de loin le premier consommateur mondial— n’a pas diminué. À titre d’exemple, Pékin a importé plus de 108 millions de mètres cubes de bois en 2020, ce qui représente près de trois fois la production française. «

À cette pression sur les ressources forestières s’ajoute un facteur agricole déterminant : la demande chinoise en soja, exacerbée par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. En se tournant massivement vers le Brésil, désormais premier producteur mondial, la Chine a contribué à une accélération dramatique de la déforestation amazonienne. La « géopolitique du soja » illustre ainsi comment les rivalités économiques peuvent avoir des conséquences écologiques désastreuses à l’échelle planétaire.
Informer, relier, agir
Dans ce contexte, qui oppose protectionnisme écologique et externalisation de la déforestation amazonienne, informer, dialoguer et échanger sur la chaine d’approvisionnement du bois en vigueur en Chine, est un enjeu primordial.

Notre film, « Amazonia, Cœur de la Terre Mère », est un cri pour réveiller les consciences : il rappelle que chaque décision locale a des répercussions globales et que protéger la forêt amazonienne, c’est aussi protéger l’équilibre du monde. Comme le souligne la princesse Esmeralda : « La crise climatique est aussi une crise des droits humains, des droits des peuples indigènes, des droits des femmes, qui sont à la pointe du combat. »
Sources :
« Géopolitique des forêts : “La Chine externalise sa déforestation à l’étranger” », Interventions médiatiques, 30 juin 2021 — Alain Karsenty (auteur de l’étude de l’IFRI), interviewé par Paul Véronique pour L’Express.
France Inter, « Géopolitique du mercredi 1er octobre 2025« , émission diffusée le 1er octobre 2025
Jehanne Bergé, « Le documentaire Amazonie, Cœur de la Terre Mère : parole aux peuples autochtones », Les Grenades / RTBF Actu, 30 octobre 2022.
Article écrit par Marine Lozano
Cette tournée, qui s’étend de Deauville à Bruxelles en passant par Paris, Strasbourg, Nancy et Nice, annonce le déploiement global du projet d’impact Amazonia, avec un objectif clair : mobiliser, transmettre, unir et protéger. Elle donne corps à un programme ambitieux, né au cœur de l’Amazonie et conçu pour réconcilier les sociétés humaines avec la planète vivante.
Un projet en quatre axes pour réinventer notre rapport au monde
1. Reconnecter l’éducation
Le projet éducatif est le socle de la tournée. Il propose une version pédagogique du film, des ressources interculturelles co-construites avec les peuples indigènes, des jumelages entre écoles et villages amazoniens, et des formations croisées pour les enseignants. Le tout soutenu par le Pass Culture et accompagné de rencontres avec des chefs indigènes, en présence ou à distance.
Ce programme vise à replacer les récits autochtones au cœur de nos systèmes scolaires, pour former une génération capable de penser avec la Terre, et non contre elle.

2. Renforcer les peuples indigènes
À travers des ateliers audiovisuels, la valorisation des langues, des savoirs agroécologiques et des expressions culturelles, le projet soutient l’autonomie, la transmission et le rayonnement des cultures indigènes. Les jeunes des communautés partenaires apprennent à documenter leur réalité et à porter leur voix dans les grands forums internationaux.
Ce renforcement passe aussi par le soutien au plaidoyer politique des leaders indigènes, comme celui que portera le Cacique Tau Metuktire à l’Assemblée nationale le 4 juin prochain.
3. Favoriser la transition écologique
Le projet mise sur la co-construction : solutions territoriales, pratiques durables, agroforesterie, gestion de l’eau, reconnexion à la nature, tous ces leviers sont expérimentés avec les peuples indigènes et transmis aux jeunes à travers des ateliers pratiques et des kits d’action. Le but ? Ancrer l’écologie dans le vivant, dans les territoires, dans les récits.

4. Unir nos forces pour la Terre-Mère
La tournée elle-même incarne cet axe. Elle fédère écoles, institutions, ONG, citoyens, artistes, élus et étudiants dans une “Coalition Amazonia” qui portera le projet jusqu’à la COP30 à Belém. En 2027, cette mobilisation culminera dans une Assemblée mondiale des Gardiens de la Terre, rassemblant 500 délégué·e·s de 100 peuples et 40 pays.
Un projet éducatif, véritable levier de transformation
Avec ce projet d’impact, Planète Amazone franchit un cap : transformer un film en mouvement pédagogique, une tournée en espace de transmission, un engagement militant en outil de formation collective.
À travers des projections pédagogiques du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère, des modules éducatifs adaptés aux différents niveaux scolaires, des rencontres interculturelles et des ateliers thématiques, l’objectif est clair : replacer les peuples indigènes au cœur du récit éducatif mondial, et former les jeunes à devenir les gardiens éclairés de la Terre-Mère.

Un projet articulé en quatre phases pour répondre aux grands enjeux climatiques de notre temps et former les nouveaux gardiens de la Terre Mère
Phase I – Tournage du film et premières actions (2022–2024)
Le véritable point de départ de l’aventure a lieu en mai 2022, avec le lancement du tournage du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère en territoire Kayapó. Cette immersion pose la première pierre à l’édifice et marque le début d’un processus de co-construction avec les peuples indigènes afin de rendre compte des réalités et enjeux liés à la forêt tropicale et la défense de leurs droits. De cette alliance bourgeonne un film qui devient un outil de médiation puissant au service de la justice climatique. Présenté lors de projections-débats, il propulse le public qui le visionne au cœur des écosystèmes menacés et le met face aux enjeux liés à la déforestation et aux combats menés par les gardiens de la Terre Mère.
Phase II – Tournée d’impact et plaidoyer international (2024–2025)
À partir d’octobre 2024, une vaste tournée d’impact est déployée à travers l’Europe et l’Amérique du sud. Une version éducative du film présentée dans les écoles et universités permet d’initier un dialogue en vue de la construction de partenariats éducatifs interculturels. Leur portée rayonnera jusqu’aux grands rendez-vous climatiques, à l’instar de la COP16 à Cali et en prévision de l’envoi d’une délégation chargée de présenter un plaidoyer en faveur de l’environnement à la COP30 à Bélem. En parallèle, le lancement du site internet dédié “amazoniafilm.org” en 2025 facilite la promotion des appels à candidature des acteurs de la transition souhaitant prendre part à la COP30 au sein de la “coalition Amazonia” supervisée par Planète Amazone.

Phase III – Mise en œuvre des projets éducatifs pilotes (2026)
L’année 2026 marque le passage à l’action concrète avec la mise en œuvre de cinq projets éducatifs pilotes dans des écoles et communautés partenaires. Ces expérimentations s’accompagnent de la création de kits pédagogiques multilingues, de formations croisées entre enseignants et référents culturels, et du développement de nouveaux outils de transmission des savoirs. L’accent est mis sur la formation audiovisuelle pour documenter et transmettre les savoirs indigènes mais aussi l’apprentissage des langues étrangères afin de soutenir le plaidoyer international des communautés autochtones. En ligne de mire : le droit à la consultation libre et éclairée des peuples indigènes, la démarcation effective de leurs terres et la reconnaissance du crime d’écocide.

Phase IV – Grande Assemblée internationale des Gardiens de la Terre (2027)
En 2027, le projet atteindra un moment fondateur : la tenue d’une Grande Assemblée internationale réunissant 500 délégué·e·s issus de 100 peuples et de 40 pays. Ce sommet historique donnera lieu à l’adoption d’une Déclaration commune et à la définition d’une feuille de route collective pour prolonger et amplifier le mouvement Amazonia au-delà de 2027.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse un simple programme pédagogique. Il s’agit d’un changement de paradigme, d’un appel à rejoindre une aventure éducative qui relie les continents, les générations et les cœurs.
Le lancement du programme éducatif “Amazonia, Cœur de la Terre Mère” est un moment fondateur. Il vous concerne. Car il pose cette question : quelle mémoire transmettons-nous, et au nom de quel avenir ? L’équipe de Planète Amazone a fait son choix. Et vous ?