Des avancées juridiques révolutionnaires pour une meilleure protection de la planète
La reconnaissance internationale des droits de la Nature et du crime d’écocide est une révolution en marche qui marque un tournant dans la protection environnementale. Inspirés des cosmovisions des peuples autochtones, ils reconnaissent les écosystèmes comme des entités vivantes, ayant droit à la protection et à la régénération, et méritant des droits fondamentaux. Devenus sujets de droit, les écosystèmes menacés peuvent désormais être défendus en justice par des tuteurs – peuples autochtones, communautés locales ou organisations environnementales – agissant en leur nom. Parallèlement, la notion d’écocide, définie en 2021 par un comité international, vise à criminaliser les atteintes graves et durables à l’environnement.
En étant reconnu comme un crime international, la condamnation pour crime d’écocide empêchera les décideurs de se dédouaner de leur responsabilité : les auteurs, qu’ils soient chefs d’entreprise ou représentants gouvernementaux, pourront être tenus pénalement responsables et encourir des peines allant jusqu’à l’emprisonnement. Ces avancées ouvrent la voie à une justice environnementale plus forte, à la responsabilisation des acteurs destructeurs et à une protection significative et durable des écosystèmes.
Trois avancées notables concernant les droits
de la Nature et le crime d’écocide
L’Équateur
a été le premier pays au monde à inscrire les droits de la Nature dans sa Constitution en 2008, permettant à des citoyens de représenter juridiquement les écosystèmes devant les tribunaux.
La Colombie
a reconnu en 2018 l’Amazone comme sujet de droit, permettant aux communautés locales d’agir en justice pour sa protection.
Les îles Fidji, Vanuatu et Samoa
ont officiellement appelé en 2024 la Cour pénale internationale à reconnaître l’écocide comme crime international.
Impunité environnementale : sans droits pour la Nature,
les désastres continuent
Malgré une prise de conscience globale désormais ancienne, aucun cadre universel contraignant n’existe à ce jour pour protéger efficacement la Nature. Depuis le Sommet de Rio en 1992, les initiatives étatiques restent fragmentaires.
Le Brésil, malgré des lois environnementales pionnières, échoue à stopper la déforestation. Certaines catastrophes environnementales causées par l’activité humaine montrent l’inefficacité des sanctions : des amendes dérisoires, souvent impayées, laissent les coupables impunis. Les accords de libre-échange affaiblissent davantage la protection environnementale.
Les droits de la Nature, bien que reconnus par certaines constitutions nationales, restent inappliqués faute de mécanismes juridiques efficaces. De même, les accords commerciaux affaiblissent la protection environnementale.
Face à ces limites, la reconnaissance conjointe de l’écocide comme crime international et des droits de la Nature comme principe fondamental devient indispensable pour garantir des sanctions proportionnées et dissuasives, tout en assurant la protection durable des écosystèmes.
Trois exemples de désastres environnementaux
soldés par une impunité ou une amende faible
Notre engagement pour la justice environnementale
Planète Amazone œuvre sans relâche pour la reconnaissance des droits de la Nature et la criminalisation de l’écocide. Nous avons été la première ONG à s’engager activement en France pour la reconnaissance du crime d’écocide, considérant cette mesure comme essentielle pour protéger les écosystèmes et les communautés qui en dépendent.
Nous avons joué un rôle clé dans la création de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, un mouvement international réunissant des leaders autochtones et des défenseurs de l’environnement qui, en 2017, a lancé un appel historique à la reconnaissance universelle des droits de la Nature et à la pénalisation des atteintes graves à l’environnement.
En partenariat avec la Fondation Stop Écocide, nous militons dans le monde entier pour l’intégration de l’écocide comme cinquième crime reconnu par la Cour pénale internationale. À travers des campagnes de sensibilisation, des documentaires percutants et des actions de mobilisation, nous contribuons à bâtir un cadre juridique mondial pour la protection des écosystèmes et des générations futures.

