Organisé tous les deux ans, l’European Youth Event réunit des milliers de jeunes venus de toute l’Europe et du monde entier pour débattre, proposer des idées et rencontrer des décideurs politiques au sein même du Parlement européen, transformé pour l’occasion en véritable laboratoire démocratique des nouvelles générations.

Séquence d’ouverture du EYE : le Cacique Tau prend la parole devant plus de 1000 jeunes
Invité à intervenir en ouverture de la séance plénière de l’EYE 2025, le Cacique Tau Metuktire a pris la parole devant plus de 1 000 jeunes venus de toute l’Europe et du monde entier, réunis dans l’hémicycle du Parlement européen.
Il y a présenté le nouveau projet éducatif de Planète Amazone, “Amazonia, Cœur de la Terre-Mère”, dont le Cacique Raoni est le parrain et le peuple kayapo l’un des bénéficiaires, tout en appelant à renforcer l’éducation climatique et l’éducation différenciée des peuples indigènes. Il a informé le public de la situation dramatique de son peuple en Amazonie et a officiellement invité les jeunes présents à venir dans son village, afin de se connecter directement à leurs réalités.
Cette intervention forte a été rendue possible grâce à la Tournée de lancement du projet organisé par Planète Amazone et au soutien précieux des eurodéputés Saskia Bricmont et Thomas Waitz (Greens/EFA), qui œuvrent activement pour faire entendre la voix des peuples autochtones dans les plus hautes instances européennes.

Alliance verte au Parlement : dialogue inédit entre Greens/EFA, les défenseurs de la forêt amazonienne et les gardiens de demain
Dans l’après-midi, le Cacique Tau Metuktire et Gert-Peter Bruch ont pris part à un échange de 45 minutes avec près de 200 jeunes, en présence de l’eurodéputé Thomas Waitz.
Sur le thème “Comment forger de nouvelles alliances face à la COP 30 ?”, la discussion a permis de réfléchir collectivement aux manières de connecter les jeunesses indigènes et européennes autour des luttes climatiques, en valorisant les savoirs traditionnels et les expériences de terrain.
Gert-Peter Bruch a partagé son parcours de jeune engagé, appelant les jeunes à se connecter à notre mouvement et à porter ensemble un message fort pour la COP 30.
L’eurodéputé Thomas Waitz a souligné l’urgence d’inclure toutes les voix dans les négociations climatiques, en particulier celles des peuples indigènes et des jeunes, encore trop peu représentés aujourd’hui.

Une étape forte pour “Amazonia, Cœur de la Terre-Mère”
Ce déplacement à Strasbourg marque une étape symbolique et puissante dans le déploiement du projet Amazonia, Cœur de la Terre-Mère, dont la mission est de reconnecter les jeunesses du monde à la Terre Mère, à travers le dialogue interculturel, l’éducation, et l’action commune.
Nous adressons nos sincères remerciements aux eurodéputés qui nous ont soutenus, à l’équipe du Parlement européen, aux organisateurs de l’EYE, à notre équipe engagée de Planète Amazone, et bien sûr, à tous les jeunes rencontrés, pour leur accueil, leur écoute et leur mobilisation.

Ces hommages s’inscrivent dans le cadre de la tournée de lancement de notre projet éducatif “Amazonia, Cœur de la Terre Mère”, qui vise à rapprocher les jeunesses indigènes et européennes autour de la protection de la Terre-Mère et de la transmission des savoirs traditionnels.
Aux jardins du Château de Versailles, l’arbre du Cacique Raoni comme témoin du temps
Une cérémonie profondément émouvante s’est tenue le matin du 2 juin dans le Jardin du Roi, au Château de Versailles, autour du Liquidambar offert et planté il y a vingt-cinq ans par le grand Cacique Raoni. Aujourd’hui, prodigieusement imposant, il se dresse à l’image de son protecteur, offert en geste de solidarité de la nation kayapo au domaine de Versailles dévasté par la grande tempête de décembre 1999. Ce geste sacré symbolise l’engagement du Cacique Raoni en faveur de la protection des forêts, et le Liquidambar, l’entité tutélaire des forêts du monde.
Lors de la cérémonie, le Cacique Tau a délivré un message au Liquidambar, considéré comme un être vivant et un membre à part entière Kayapo, porteur de la mémoire de son peuple. “Le Liquidambar fait partie de notre peuple Kayapo. Nous reviendrons l’honorer tous les 5 à 10 ans”. Par ces mots, le cacique Tau rappelle que la connexion de l’homme à l’âme du vivant s’affranchit des frontières et que la portée du combat du Cacique Raoni, son appel à protéger les forêts de la planète, est universel. La déambulation spirituelle s’est poursuivie par un échange avec le jardinier du château, Monsieur Joël Cottin, déjà présent lors de la plantation en l’an 2000. L’occasion de le remercier pour le soin accordé à l’arbre Kayapo ces 25 dernières années.

De nombreuses personnalités ont participé à cet hommage vibrant et ont transmis, par la voix du Cacique Tau, des messages destinés à Raoni, parmi lesquelles Christophe Leribault, président du Château de Versailles, Loïc Losserand, président de l’Université de Versailles Saint-Quentin (UVSQ), Jean-Paul Vanderlinden, chercheur et économiste environnemental du futur à l’UVSQ, et Gert-Peter Bruch, président et fondateur de Planète Amazone. Tous les intervenants ont souligné le rôle de guide et de lumière du Cacique Raoni Metuktire pour la préservation de l’Amazonie et des peuples indigènes.

À l’Hôtel de Ville de Versailles, une reconnaissance académique sans précédent
L’après-midi s’est poursuivie à l’Hôtel de Ville de Versailles, où, sous l’impulsion de Planète Amazone, l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) a décerné le titre de Docteur Honoris Causa au Cacique Raoni, pour son rôle essentiel dans la préservation des savoirs traditionnels, la défense des droits indigènes et la protection de l’environnement mondial. Cette reconnaissance du monde académique envers un leader indigène est une première historique en Europe.
Cette distinction prestigieuse a été remise au Cacique Taú Metuktire, venu représenter son grand-père, empêché pour raisons de santé. Porteur du message de son peuple, le Cacique Taú incarne la continuité du combat engagé par le Cacique Raoni, entre héritage culturel et plaidoyer pour la justice climatique.
La cérémonie a été marquée par plusieurs discours symboliques et puissants, qui ont souligné le rôle essentiel de la lutte du Cacique Raoni pour la préservation de l’Amazonie et des peuples indigènes. En ouverture, le discours de Monsieur Loïc Josseran, président de l’UVSQ a donné le la à la cérémonie par son ton solennel, porteur d’espoir et rempli d’égard vis-à-vis des luttes du Cacique Raoni. S’en est suivi un remerciement de M. François de Mazières, maire de Versailles, qui a tenu à participer à l’évènement en dépit d’un agenda très chargé. M. Franck Monnier, président de la Fondation UVSQ a pris à son tour le micro et souligné la connivence entre les combats des peuples indigènes et les velléités de sensibilisation environnementales portées par la Fondation UVSQ.

Mr Monnier a cédé sa place au profit d’un poignant discours à deux voies -scientifique et militant- de Jean-Paul Vanderlinden et Gert-Peter Bruch. Ce dialogue polyglotte a été l’occasion de mettre en exergue l’enchevêtrement entre l’engagement et la connaissance dans l’action du Cacique Raoni Metuktire. L’enseignant chercheur a qualifié le Cacique Raoni de véritable source du savoir, de pionnier d’une modalité de transmission intergénérationnelle car, nous rappelle t-il, la vie du Cacique Raoni et l’engagement qu’il incarne, ont contribué à profondément élargir la compréhension du monde.
“ Le parcours du Cacique Raoni, lui, donne corps à ce que cela signifie vraiment : écouter un autre rapport au vivant, un autre rapport au territoire, une autre manière d’apprendre et de transmettre, localement, globalement.” – Jean-Paul Vanderlinden
Cette allocution a été suivie du discours du Cacique Tau Metuktire, saisissant, dont la portée spirituelle résonne au-delà des frontières et du temps. Finalement, la remise du diplôme par le président de l’UVSQ au Cacique Tau accompagnée de la remise de médailles par Charlotte da Cunha au Cacique Tau et Franck Monnier à Gert-Peter Bruch a conclu ce moment fort en émotions.

“Cette distinction de Docteur Honoris Causa reconnaît ses enseignements, envoie un message aux peuples indigènes du monde entier : votre science, votre culture méritent respect et reconnaissance. Nous avons besoin de votre sagesse”- Gert-Peter Bruch
Ce moment solennel incarne la volonté de faire dialoguer les savoirs ancestraux et scientifiques, dans un esprit de respect mutuel et de co-construction d’un avenir durable.. Ce moment porte en germe les ambitions du projet Amazonia, Cœur de la Terre Mère : initier des coopérations entre associations, monde éducatif et peuples indigènes.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à toute l’équipe de Planète Amazone, dont l’engagement, la bienveillance et l’énergie ont été des piliers précieux de cette aventure humaine et militante. Un immense merci à Gert-Peter Bruch, Mathieu Bonnet, Arkaan Simaan, Michèle Segaud, Quentin Moreau, Muriel Marasti, Margarida Ataide, Jodie Wtulich, Virginie Squin, Tathiana Ribeiro, Tania Kambourova et Valériane Beaucaillou, pour leur présence, leur dévouement inspirant et leur contribution essentielle à la réussite de ce moment historique.

Revivez ces moments forts :
Célébration des 25 ans de la plantation du Liquidambar par le Cacique Raoni à Versailles
Cérémonie de remise du titre de Docteur Honoris Causa de l’UVSQ au Cacique Raoni Metuktire
Le 10 juin 2025, dans le cadre du sommet mondial UNOC 3 à Nice, France 2 diffusait en direct l’émission spéciale Urgence Océan, durant laquelle le président Emmanuel Macron a occupé l’antenne pendant près de deux heures. Parmi les séquences programmées, un bref échange a eu lieu avec le Cacique Tau Metuktire, représentant du peuple Kayapo et petit-fils du célèbre Cacique Raoni Metuktire, venu en Europe porter la parole de son grand-père, empêché pour raisons de santé.
Cet échange, inédit dans une émission télévisée française en direct entre un chef d’État et un chef indigène d’Amazonie, aurait pu marquer un moment historique. Mais, outre qu’il est été brutalement interrompu au bout de deux minutes, le Cacique Tau n’a pas pu répondre aux allégations du président concernant la situation de son peuple. Emmanuel Macron s’est donc exprimé sans débat contradictoire sur des sujets aussi sensibles que la protection des terres indigènes, le soutien de la France aux peuples autochtones et la situation en Guyane française.
Or, plusieurs de ses affirmations — entachées d’approximations, de raccourcis ou de contre-vérités — appellent une mise au point rigoureuse. Car les mots d’un président français, surtout en cette année cruciale de la COP30, qui réunira en novembre à Belém (Amazonie brésilienne) près de 200 chefs d’État pour décider de l’avenir climatique mondial, ne peuvent être laissés à l’improvisation ou à la confusion.
Ils engagent la France, mais aussi, par son rôle diplomatique et son rayonnement, l’image que l’Europe donne au monde sur les droits des peuples autochtones et la défense des forêts. C’est pourquoi Planète Amazone publie ce décryptage citoyen, basé sur des faits, des textes et des réalités de terrain, pour rappeler qu’à ce niveau de responsabilité, la parole ne doit jamais trahir la vérité.
1. Monsieur le président, les terres indigènes du Brésil ne sont pas des “réserves”
Lors de l’émission Urgence Océan, le président Emmanuel Macron a utilisé le terme de « réserves » pour désigner les territoires du peuple Kayapo au Brésil. Ce choix de mots, qui semble anodin, renvoie en réalité à une histoire coloniale lourde. En Amérique du Nord, les « réserves » étaient — et sont encore — des espaces imposés par les États aux peuples autochtones après les avoir expulsés de leurs terres ancestrales. Souvent situées dans des zones marginales et appauvries, ces réserves étaient synonymes de relégation, d’acculturation forcée et de rupture du lien spirituel entre les peuples et leurs territoires d’origine.
Les terres des Kayapo n’ont rien de commun avec cette réalité. Il s’agit de terres indigènes reconnues par la Constitution brésilienne de 1988, en vertu de son article 231, comme des territoires traditionnellement occupés. Ce sont des terres où les peuples indigènes vivent depuis des générations, où ils perpétuent leurs savoirs, leurs rituels, leur langue, leurs lieux sacrés. Ce sont des territoires enracinés dans l’ancestralité, indissociables de leur culture, de leur identité et de leur vision du monde.
Les terres indigènes du peuple Kayapo — parmi lesquelles la terre indigène Menkragnoti (près de 5 millions d’hectares) et la terre indigène Capoto/Jarina (643 000 hectares, territoire du Cacique Raoni) — ne leur ont pas été attribuées comme une faveur. Elles leur ont été reconnues à la suite de longues luttes, comme des terres qui leur appartiennent de fait, parce qu’elles portent la mémoire, les modes de subsistance et les équilibres environnementaux hérités de leurs ancêtres.
Employer le mot « réserve » dans ce contexte, c’est nier cette réalité juridique, écologique et culturelle. C’est aussi perpétuer une vision dépassée, asymétrique, où les peuples autochtones sont perçus comme dépendants des États qui « leur accorderaient » un espace de vie. Nous appelons à une vigilance sémantique de la part de ceux qui représentent la France au plus haut niveau, car les mots ne sont jamais neutres : ils façonnent les perceptions et peuvent renforcer ou affaiblir les luttes de reconnaissance.

2. Protection des territoires kayapo : un chantier inachevé confronté aux enjeux du « Marshall vert pour l’Amazonie »
Toujours dans l’émission Urgence Océan, le président Emmanuel Macron a déclaré que son homologue, Luiz Inácio Lula da Silva, avait « à nouveau protégé » les territoires du Cacique Raoni. Une formulation qui suggère une dynamique de sécurisation aboutie — alors même que, sur le terrain, les faits démentent largement cette impression.
En 2019, lors d’une tournée diplomatique majeure en Europe, le Cacique Raoni alertait sur deux priorités urgentes pour la survie territoriale de son peuple. D’une part, l’entretien des frontières physiques de plusieurs terres kayapo reconnues, devenues invisibles à cause de la repousse des végétaux non traitée. D’autre part, la fin du processus de démarcation de Kapôt Nhĩnore, territoire sacré et essentiel à l’interconnexion écologique des terres indigènes centrales.
Si la France ne pouvait engager de démarches juridiques au Brésil, elle pouvait toutefois soutenir les travaux matériels de protection. À cette fin, Emmanuel Macron annonçait une aide d’un million d’euros via l’ONG Conservation International, destinée à la réfection des lignes frontalières et balisage (500 000 € seulement revenant aux Kayapo). Pour l’heure, aucun programme officiel de surveillance — national ou international, public ou privé — ne vient soutenir cette initiative indigène. Il n’existe pas de dispositif satellitaire soutenu par l’État, ni d’équipe étatique ou ONG indépendante en permanence à leurs côtés. Sur le terrain, ce sont essentiellement les Kayapo eux‑mêmes, renforcés par quelques ONG partenaires, qui assurent la défense de leurs frontières, équipés de radios, bateaux ou drones, mais sans appui logistique institutionnel pérenne.
Quant au « Marshall vert » pour l’Amazonie brésilienne et guyanaise –un plan d’un milliard d’euros dévoilé le 26 mars 2024 à Belém par les présidents Macron et Lula –, il repose principalement sur les marchés carbone, les paiements pour services écosystémiques et les filières de bio‑économie, s’appuyant notamment sur le mécanisme REDD+ pour générer des crédits carbone issus de l’Amazonie (ce système, en pratique, génère des droits à polluer, n’incitant pas les industries et États à réduire directement et rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles). Le même jour, sur l’île de Combú, près de Belém, le Cacique Raoni recevait la Légion d’honneur des mains d’Emmanuel Macron, en présence du président Lula, servant ainsi de caution médiatique internationale à cette initiative. Pourtant, à ce jour, aucun financement concret n’a été attribué à la protection effective des territoires kayapo. L’ambassade de France à Brasília a bien attribué en avril 2025 un million d’euros – réparti entre trois organisations représentant des peuples du Xingu (et pas uniquement les Kayapo) – mais cette somme est relative à un engagement antérieur au lancement officiel du « Marshall vert ».
Les mécanismes type REDD+ sont aujourd’hui dénoncés par l’Indigenous Environmental Network comme une nouvelle forme de colonialisme vert, réduisant forêts et communautés à de simples unités financières ; la Déclaration de Brasília (2017) de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature – cofondée par le Cacique Raoni et des peuples indigènes du monde entier, avec le soutien de Planète Amazone – rejette toute monétisation de la Terre-Mère. La critique est confirmée par Survival International et Mongabay, qui dénoncent l’existence de véritables « banques de carbone » profitant aux pollueurs et financeurs plutôt qu’aux peuples autochtones.
Le programme connexe AMABIO (AFD/Banco da Amazônia, 80 M€) favorise davantage la « finance durable » et la « création de revenus locaux » que la démarcation ou la surveillance des frontières kayapo. Les projets pilotes (via Conservation International ou Environmental Defense Fund) ont échoué à tenir leurs promesses, freinés par des blocages culturels.
Pendant ce temps, les Kayapo font face à la plus grave offensive juridique depuis la dictature – entre le Marco Temporal et les annulations d’homologations de territoires indigènes – alors qu’ils ne reçoivent que des fonds symboliques, sans prise en compte de leur priorité historique : la sécurité territoriale.
En définitive, promouvoir la rentabilité économique avant la protection juridique revient à perpétuer un colonialisme vert : conditionner le droit à la vie et à la protection territoriale des peuples autochtones à la logique des marchés carbone, en totale contradiction avec leur vision ancestrale et leur engagement‑militant.

3. Le Marco Temporal : une menace juridique que l’on ne peut enterrer
Pendant l’émission Urgence Océan, Emmanuel Macron a évoqué, sans le nommer, le projet de loi connu sous le nom de Marco Temporal, déclarant que le président Lula y avait opposé son veto. Par ce raccourci, le chef de l’État français a donné à penser que la situation était désormais résolue. Or il n’en est rien — et cette présentation, même involontaire, masque une réalité d’une gravité exceptionnelle.
Le Marco Temporal — aujourd’hui intégré dans la loi 14.701/2023 — impose que seules les terres occupées par des peuples indigènes à la date du 5 octobre 1988, jour de la promulgation de la Constitution brésilienne, puissent être reconnues comme terres indigènes. Ce critère nie la réalité historique de nombreux peuples qui ont été déplacés par la violence, privés d’accès à leurs territoires ou dont la reconnaissance officielle était en cours après cette date. Il rend inéligibles d’innombrables demandes de reconnaissance et menace également de remettre en cause des terres déjà homologuées.
Ce projet est perçu, par les peuples indigènes eux-mêmes, comme l’agression légale la plus grave depuis la dictature militaire. Depuis 2021, des mobilisations indigènes d’ampleur historique se succèdent à Brasília. Des leaders de tout le pays, femmes et hommes, jeunes et anciens, dénoncent une « mort juridique des peuples indigènes ». La Cour suprême du Brésil (STF) avait d’ailleurs rejeté en septembre 2023 cette interprétation comme inconstitutionnelle. Pourtant, le Congrès a voté la loi, et le 14 décembre 2023, il a renversé le veto de Lula, rendant le Marco Temporal pleinement effectif.
Mais un événement encore plus grave vient de survenir : le Sénat brésilien a annulé trois décrets d’homologation de terres indigènes signés par le président Lula. C’est un fait sans précédent depuis le retour de la démocratie. Les décrets concernés — publiés en décembre 2024 — validaient l’homologation définitive des terres Toldo Imbu, Morro dos Cavalos et Aldeia Velha, appartenant respectivement aux peuples Kaingang, Guarani Mbya et Pataxó. Le 28 mai 2025, le Sénat a approuvé le PDL 177/2024 (parfois référencé comme PDL 717), et la décision a été définitivement entérinée le 11 juin 2025, le lendemain même de l’intervention d’Emmanuel Macron sur France 2. Ce revirement constitue une attaque frontale contre le pouvoir exécutif, une tentative de légitimer l’intervention du pouvoir législatif dans les décisions d’homologation présidentielles, et un précédent juridique extrêmement inquiétant pour toutes les terres en cours de reconnaissance.
Ce double mouvement — application du Marco Temporal et révocation d’homologations — plonge les peuples indigènes dans une insécurité territoriale majeure. Il sape les fondations mêmes de la reconnaissance constitutionnelle de leurs droits, et menace directement la continuité physique et culturelle de dizaines de peuples. L’interprétation juridique du Marco Temporal nie l’ancestralité, ignore les violences historiques, et impose aux peuples un fardeau probatoire impossible à porter.
Face à cela, présenter la situation comme stabilisée revient à entretenir une illusion dangereuse. Il ne s’agit pas d’un détail technique : c’est une rupture démocratique, un déni de droit, un recul des garanties fondamentales. Les paroles présidentielles, même prudentes, ont du poids. Dans un tel moment, leur effet peut renforcer ou affaiblir la résistance des peuples. En l’espèce, les propos tenus par le président français, en suggérant que « le veto a réglé la question », passent à côté de l’urgence historique et de la mobilisation sans précédent qui secoue le Brésil et sa démocratie.

4. Guyane française : soutenir les peuples autochtones sans les reconnaître — une contradiction insoutenable
Dans Urgence Océan, Emmanuel Macron s’est présenté comme un défenseur des peuples autochtones de Guyane. Une posture publique jugée contradictoire lorsqu’on examine les faits : la République française n’accorde toujours aucun statut juridique aux six nations amérindiennes (Kali’na, Palikur, Wayãpi, Wayana, Teko, Lokono) et bushinenguées, invoquant l’indivisibilité de la République comme obstacle à toute reconnaissance différenciée. Cette position empêche notamment la France de ratifier la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), pourtant signée par la grande majorité des pays amazoniens, dont le Brésil, la Bolivie, le Pérou, la Colombie et le Venezuela.
La Convention 169 constitue aujourd’hui l’instrument juridique international le plus avancé en matière de reconnaissance des droits collectifs des peuples autochtones. Elle impose aux États signataires le devoir de consulter ces peuples de manière libre, préalable et éclairée pour tout projet législatif ou économique susceptible d’affecter leurs territoires, leurs ressources, leur organisation sociale ou leurs modes de vie. En refusant de la ratifier, la France se prive volontairement d’un cadre juridique structurant qui permettrait d’établir des procédures de dialogue égalitaire et d’assurer une protection effective contre l’extractivisme, les grands projets d’aménagement ou les politiques publiques imposées sans consentement.
Or, les peuples autochtones de Guyane n’en demandent pas davantage que ce que la France exige déjà pour ses citoyens ailleurs : être entendus, considérés, et respectés comme détenteurs d’une histoire, d’un droit, et d’une autorité coutumière. En avril 2024, le Congrès des élus de Guyane a adopté une résolution ambitieuse en ce sens, appuyée par les chefs coutumiers des six nations, réclamant la création d’une Assemblée autochtone dotée d’un droit de regard sur tout projet lié à leurs terres. Cette initiative, à ce jour, n’a reçu aucune réponse de l’État.
Elle s’inscrit pourtant dans une longue histoire de luttes. En 2017, une mobilisation historique à Cayenne réunissait 20 000 manifestants pour réclamer la restitution de 400 000 hectares de terres — un dossier qui reste aujourd’hui suspendu, sans mesure concrète d’application.
Dans le même temps, la tragédie des “homes indiens” reste sans reconnaissance ni réparation. Environ 2 000 enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles entre 1935 et les années 1980 pour être placés dans des pensionnats sous contrôle religieux. Ce système a provoqué des ruptures familiales, culturelles et linguistiques profondes, dont les séquelles se font encore sentir aujourd’hui. Des appels répétés à la mise en place d’une commission “Vérité et Réparation” ont été portés par des figures politiques et des collectifs autochtones, sans réponse de l’État.
Par ailleurs, la crise psychologique des jeunes amérindiens atteint un niveau alarmant. À Trois-Sauts, chez les Teko et Wayãpi, des études indiquent un taux de suicide atteignant jusqu’à 172 pour 100 000 habitants, soit plus de dix fois la moyenne nationale, dans un contexte de marginalisation, de rupture culturelle et de désespérance sociale profonde.
Enfin, l’histoire récente alimente ce paradoxe républicain : Emmanuel Macron a soutenu le très controversé projet minier de la Montagne d’Or lorsqu’il était ministre de l’Économie, projet rejeté massivement par les peuples autochtones et suspendu après une intense mobilisation. Peut-on soutenir les peuples autochtones d’Amazonie brésilienne tout en continuant d’ignorer ceux de la Guyane française ?
Aujourd’hui encore, les peuples autochtones de Guyane sont invisibilisés dans le droit français, tenus à l’écart de la fabrique législative, et privés des outils de reconnaissance que la France promeut pourtant à l’international. Il ne s’agit plus simplement de cohérence : il s’agit de justice. Toute parole politique en faveur des peuples autochtones perd son crédit lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’une réforme profonde du cadre juridique et mémoriel qui continue, encore aujourd’hui, à les nier.

Conclusion : au-delà des symboles, une responsabilité politique mondiale face aux peuples et à la forêt
À l’heure où le président Emmanuel Macron se présente en allié des peuples autochtones sur la scène internationale, il est impératif que ses paroles soient à la hauteur des réalités qu’elles prétendent embrasser. Derrière chaque mot employé — comme « réserve » ou « protection » — se jouent des décennies de luttes, des systèmes juridiques complexes, des traumatismes encore ouverts, et surtout des vies exposées à l’arbitraire, à l’oubli ou à la prédation.
Il ne s’agit pas de juger un homme, mais de rappeler qu’un chef d’État, s’exprimant devant des millions de citoyens et en pleine préparation de la COP 30 à Belém (10–21 novembre 2025), assume une responsabilité. Chaque approximation, chaque mot erroné ou mal calibré a un effet : il façonne la perception collective, il valide ou invalide des récits de justice, il renforce — ou mine — les luttes pour la reconnaissance, la vérité et les droits.
Cette responsabilité déborde le cadre national et concerne tous les décideurs politiques, économiques et financiers — européens et mondiaux. Derrière les grands discours sur le climat et la préservation de la biodiversité se jouent, au premier chef, des choix structurants sur la consommation de soja, viande, minerais, pétrole, bois et or. Ne pas les nommer, c’est creuser une fracture morale entre intentions affichées et effets de fond, car ces sujets ne relèvent pas uniquement de la diplomatie ou de la solidarité internationale : ils touchent au cœur de notre propre modèle de développement.
La déforestation de l’Amazonie, l’invasion des territoires indigènes, les violences subies par les communautés forestières ne sont pas des fatalités lointaines. Elles sont directement liées à notre consommation de soja, de viande, de minerais, de pétrole, de bois et d’or. Les politiques publiques, les marchés internationaux et les flux d’investissements européens influencent profondément ces dynamiques. Ne pas en tenir compte dans les discours, c’est renforcer une fracture morale majeure entre les intentions affichées et les responsabilités réelles.
À travers son engagement historique auprès du Cacique Raoni et d’autres leaders amazoniens, Planète Amazone défend une vision fondée sur la vérité, la cohérence et la justice intergénérationnelle. Nous n’attendons ni promesses sans suite, ni partenariats de façade. Nous appelons à une parole publique exigeante, informée et alignée avec les faits.
C’est pourquoi nous adressons ces recommandations non seulement au président Emmanuel Macron, mais à tous les responsables politiques et économiques qui prennent position sur ces enjeux vitaux et se posent en alliés des peuples indigènes :
● Employer une terminologie rigoureuse et respectueuse, bannissant les concepts hérités de l’histoire coloniale comme « réserve » pour désigner des terres indigènes légalement reconnues ;
● Concrétiser les engagements pris depuis 2019 auprès des Kayapo : réfection et entretien régulier des frontières, installation de dispositifs de monitoring (satellites, drones, patrouilles), et protection durable contre les invasions ;
● Mettre en lumière l’effet délétère du “colonialisme vert”, quand une stratégie économique (marchés carbone, REDD+, bio-économie) dépasse les priorités territoriales exprimées par les peuples autochtones ;
● Reconnaître l’état d’alerte juridique que constitue la loi Marco Temporal, non seulement en cessant d’en minimiser l’impact au nom de formules rassurantes, mais aussi en exerçant une pression diplomatique active sur le Congrès national brésilien, afin que cette loi soit abrogée, que soient rétablit l’homologation des terres indigènes concernées et que les attaques législatives à l’encontre des peuples indigènes cessent ;
● Cesser d’ignorer les peuples autochtones de Guyane française, en entamant leur reconnaissance juridique, en répondant aux demandes formulées collectivement, et en engageant une démarche de vérité et de réparation historique autour des « homes indiens » ;
● Ratifier enfin la Convention 169 de l’OIT, pour garantir un droit effectif à la consultation libre, préalable et éclairée des peuples indigènes, y compris sur le sol français ;
● Réaffirmer haut et fort que la mise en œuvre d’un règlement européen robuste contre la déforestation constitue une priorité absolue. Cela implique également de relancer une stratégie nationale ambitieuse pour accompagner ce règlement, tout en réaffirmant les engagements pris précédemment, notamment en matière de soja, comme le respect du moratoire sur le soja en Amazonie ;
● Repenser en profondeur les politiques de consommation et d’approvisionnement qui contribuent à la destruction des territoires autochtones dans les pays du Sud.
Tant que ces exigences ne seront pas remplies, la parole publique sur les peuples autochtones demeurera un exercice déséquilibré, souvent bien intentionné, mais déconnecté des réalités qu’il prétend servir. Et tant que les peuples qui protègent les forêts ne seront pas pleinement reconnus, ni ici, ni là-bas, la lutte pour le climat, la paix et la justice restera incomplète.
“Je m’appelle Tau Metuktire, c’est ainsi que je suis connu de tous. Au sein de mon peuple Kayapó / Mebêngôkre, je porte également le nom traditionnel de Bepkamro, ou “poisson-vif des flots”. Je suis l’un des petits-fils du Cacique Raoni. J’avais à peine quinze ans lorsque mon grand-père m’a fait asseoir face au feu dans la maison des hommes ; il m’a confié que, tôt ou tard, le bâton de chef passerait dans mes mains. Pendant des nuits entières il m’a enseigné les chants rituels, l’art de la parole, les règles qui font tenir une communauté debout. Il répétait : « Un cacique ne défend pas seulement des gens, il protège la forêt, il écoute les esprits et il ouvre des chemins vers l’extérieur. »
Comment on devient cacique
À seize ans, je le suivais déjà partout : aux forums territoriaux, aux réunions de l’État, jusqu’aux couloirs de Brasília. Mais pour qu’un chef soit reconnu, il faut la voix du peuple. Trois grandes assemblées furent convoquées : d’abord dans mon village Metuktire, puis lors d’une formation de professeurs indigènes, enfin à Piaraçu, lieu sacré des Kayapó. À chaque fois, Raoni a levé mon bras devant la foule : « Voici Tau. À partir d’aujourd’hui, respectez-le, aidez-le ; il parlera pour vous et pour la terre. »
Ainsi ai-je reçu la charge : consulter les anciens avant toute décision, empêcher qu’une route, un barrage ou une mine ne s’impose sans l’accord de tous les caciques. Notre territoire n’est pas un cadeau du gouvernement ; il est né de décennies de lutte, menées par mon oncle Megaron, par mon grand-père Krumare, par de nombreux parents d’autres ethnies. Voilà pourquoi, encore aujourd’hui, toute grande entreprise – publique ou privée – doit d’abord nous entendre.

Le jour où j’ai traversé l’Atlantique
En 2006, une conférence européenne invita le Cacique Raoni. À la dernière minute, un contretemps l’obligea à rester. Il réunit le conseil et, une fois encore, leva mon bras :
« Tu partiras à ma place. Fais-leur entendre notre voix. »
J’avais vingt-cinq ans. J’ai quitté la forêt pour la France, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, Monaco. Je découvrais des villes glacées où personne ne se salue, des prairies sans un arbre, des gens pressés comme des fourmis. J’ignorais qu’il existait d’autres continents, d’autres langues, d’autres nourritures. Ce premier choc m’a appris deux choses : le monde est vaste et nous aurons besoin d’alliés pour défendre la forêt.
Je croyais qu’en Europe, personne ne prêterait attention à un Kayapó. Pourtant, plus je racontais nos difficultés, plus je rencontrais des personnes à l’écoute — et parfois même prêtes à nous soutenir concrètement.
Voyager avec le cacique Raoni

Quelque temps plus tard, mon oncle Megaron m’appela :
« Il faut que quelqu’un d’autre que ton grand-père se montre au monde. Accompagne-le.»
J’étais le seul de la famille à posséder un passeport ; j’ai donc veillé sur mon grand-père, Raoni, lors d’une nouvelle tournée en Europe. Nous avons arpenté les palais et les plateaux télé de France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Monaco. Je portais ses messages, je traduisait ses silences ; c’est là que j’ai vraiment appris le métier de représentant.
La naissance de Planète Amazone
Au fil des étapes, j’ai fait la connaissance de Gert (NB : Gert-Peter Bruch, fondateur de Planète Amazone). Son accueil chaleureux me donna l’idée de l’aider à structurer ses élans : à la fin d’un voyage en France, en 2011, je lui demandai de fonder une nouvelle association. Ainsi naquit Planète Amazone.
L’association Planète Amazone n’est pas restée un papier. Elle a commencé par financer un camp de surveillance en forêt, un moteur et un bateau pour patrouiller la rivière, puis des vivres. Puis, énormément de choses se sont enchaînées. En 2020, quand la pandémie a fauché le monde, plus personne n’osait entrer dans les villages. Planète Amazone a pourtant acheté des tonnes de nourriture et des médicaments de pharmacie ; j’ai insisté pour que ces colis arrivent jusqu’aux aldeias. Dans ces mois difficiles, cette aide a sauvé des familles entières.
Quand la jeunesse s’égare
Je vois les adolescents de nos communautés fascinés par le football, les téléphones, les fêtes. Ils chassent moins, pêchent moins, ne récoltent plus ni le manioc ni les graines. On ne danse plus chaque soir autour de la maison des hommes. Si nous ne créons pas d’activités qui unissent modernité et racines, la culture risque de s’éroder jusqu’au silence.
Former les Gardiens : enseigner l’ancien et le neuf pour mieux garantir l’avenir
Je porte aujourd’hui un projet d’éducation différenciée, car la transmission des savoirs traditionnels est à l’agonie dans notre peuple. D’un côté, je lutte pour que nos aînés transmettent ce qu’ils savent encore : fabriquer des parures, préparer les plantes médicinales, peindre les corps, raconter l’histoire des ancêtres et les dangers qui menacent la forêt. De l’autre, je me bats pour que nos jeunes sachent manier un ordinateur, une caméra, un drone. La technologie est devenue notre arc et nos flèches ; elle prouve (dénonce) une invasion, documente une injustice, alerte le monde en quelques secondes.
Pour cela nous sollicitons les partenaires capables de financer du matériel, des connexions Internet stables, et surtout des échanges linguistiques : apprendre l’anglais ou le français pour plaider nous mêmes notre cause devant les instances internationales.
Quand Planète Amazone m’a proposé de participer à son projet “Amazonia, Coeur de la Terre Mère”, qui travaille sur ces objectifs en proposant de plus des échanges interculturels permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives, de nous renforcer mutuellement et de recevoir des jeunes, des professeurs et des acteurs de la transition écologique du monde entier dans nos villages, j’ai immédiatement accepté. Nous allons ouvrir un nouveau chemin ensemble.

Le cacique Raoni, un Nobel pour la Terre
Pourquoi tant de gens considèrent mon grand-père comme le plus grand cacique du Brésil ? Parce qu’enfant déjà, son père l’a formé comme guerrier. Plus tard, les frères Villas-Bôas ont vu en lui un chef au destin national. Raoni a gardé toutes ces leçons ; il n’a jamais défendu seulement les Kayapó, mais l’ensemble des peuples indigènes. Sa parole a franchi les frontières, dénonçant la déforestation avant même que le terme ne devienne courant.
Voilà pourquoi je soutiens sa candidature au prix Nobel de la Paix : parce qu’elle honorerait ceux qui protègent la forêt pour l’humanité entière.
Un dernier mot à la France
Je m’apprête à revenir à Paris pour lancer notre appel mondial en faveur de l’éducation différenciée. Cette fois-ci, je représenterai mon grand-père, le cacique Raoni, qui ne pourra pas voyager en raison de problèmes de santé. Nous invitons la jeunesse – indigène ou non – à marcher avec nous ; nous invitons les enseignants, les chercheurs, les associations à devenir nos partenaires. Si vous entendez ma voix, sachez qu’elle porte les battements de cœur de la forêt. Aidez-nous à faire du savoir traditionnel ancestral et de la technologie moderne un seul souffle, capable de défendre la vie où qu’elle se trouve.
Je vous remercie. Nous nous verrons bientôt, et, ensemble, nous ferons grandir ce rêve.”
Cette tournée, qui s’étend de Deauville à Bruxelles en passant par Paris, Strasbourg, Nancy et Nice, annonce le déploiement global du projet d’impact Amazonia, avec un objectif clair : mobiliser, transmettre, unir et protéger. Elle donne corps à un programme ambitieux, né au cœur de l’Amazonie et conçu pour réconcilier les sociétés humaines avec la planète vivante.
Un projet en quatre axes pour réinventer notre rapport au monde
1. Reconnecter l’éducation
Le projet éducatif est le socle de la tournée. Il propose une version pédagogique du film, des ressources interculturelles co-construites avec les peuples indigènes, des jumelages entre écoles et villages amazoniens, et des formations croisées pour les enseignants. Le tout soutenu par le Pass Culture et accompagné de rencontres avec des chefs indigènes, en présence ou à distance.
Ce programme vise à replacer les récits autochtones au cœur de nos systèmes scolaires, pour former une génération capable de penser avec la Terre, et non contre elle.

2. Renforcer les peuples indigènes
À travers des ateliers audiovisuels, la valorisation des langues, des savoirs agroécologiques et des expressions culturelles, le projet soutient l’autonomie, la transmission et le rayonnement des cultures indigènes. Les jeunes des communautés partenaires apprennent à documenter leur réalité et à porter leur voix dans les grands forums internationaux.
Ce renforcement passe aussi par le soutien au plaidoyer politique des leaders indigènes, comme celui que portera le Cacique Tau Metuktire à l’Assemblée nationale le 4 juin prochain.
3. Favoriser la transition écologique
Le projet mise sur la co-construction : solutions territoriales, pratiques durables, agroforesterie, gestion de l’eau, reconnexion à la nature, tous ces leviers sont expérimentés avec les peuples indigènes et transmis aux jeunes à travers des ateliers pratiques et des kits d’action. Le but ? Ancrer l’écologie dans le vivant, dans les territoires, dans les récits.

4. Unir nos forces pour la Terre-Mère
La tournée elle-même incarne cet axe. Elle fédère écoles, institutions, ONG, citoyens, artistes, élus et étudiants dans une “Coalition Amazonia” qui portera le projet jusqu’à la COP30 à Belém. En 2027, cette mobilisation culminera dans une Assemblée mondiale des Gardiens de la Terre, rassemblant 500 délégué·e·s de 100 peuples et 40 pays.
Un projet éducatif, véritable levier de transformation
Avec ce projet d’impact, Planète Amazone franchit un cap : transformer un film en mouvement pédagogique, une tournée en espace de transmission, un engagement militant en outil de formation collective.
À travers des projections pédagogiques du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère, des modules éducatifs adaptés aux différents niveaux scolaires, des rencontres interculturelles et des ateliers thématiques, l’objectif est clair : replacer les peuples indigènes au cœur du récit éducatif mondial, et former les jeunes à devenir les gardiens éclairés de la Terre-Mère.

Un projet articulé en quatre phases pour répondre aux grands enjeux climatiques de notre temps et former les nouveaux gardiens de la Terre Mère
Phase I – Tournage du film et premières actions (2022–2024)
Le véritable point de départ de l’aventure a lieu en mai 2022, avec le lancement du tournage du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère en territoire Kayapó. Cette immersion pose la première pierre à l’édifice et marque le début d’un processus de co-construction avec les peuples indigènes afin de rendre compte des réalités et enjeux liés à la forêt tropicale et la défense de leurs droits. De cette alliance bourgeonne un film qui devient un outil de médiation puissant au service de la justice climatique. Présenté lors de projections-débats, il propulse le public qui le visionne au cœur des écosystèmes menacés et le met face aux enjeux liés à la déforestation et aux combats menés par les gardiens de la Terre Mère.
Phase II – Tournée d’impact et plaidoyer international (2024–2025)
À partir d’octobre 2024, une vaste tournée d’impact est déployée à travers l’Europe et l’Amérique du sud. Une version éducative du film présentée dans les écoles et universités permet d’initier un dialogue en vue de la construction de partenariats éducatifs interculturels. Leur portée rayonnera jusqu’aux grands rendez-vous climatiques, à l’instar de la COP16 à Cali et en prévision de l’envoi d’une délégation chargée de présenter un plaidoyer en faveur de l’environnement à la COP30 à Bélem. En parallèle, le lancement du site internet dédié “amazoniafilm.org” en 2025 facilite la promotion des appels à candidature des acteurs de la transition souhaitant prendre part à la COP30 au sein de la “coalition Amazonia” supervisée par Planète Amazone.

Phase III – Mise en œuvre des projets éducatifs pilotes (2026)
L’année 2026 marque le passage à l’action concrète avec la mise en œuvre de cinq projets éducatifs pilotes dans des écoles et communautés partenaires. Ces expérimentations s’accompagnent de la création de kits pédagogiques multilingues, de formations croisées entre enseignants et référents culturels, et du développement de nouveaux outils de transmission des savoirs. L’accent est mis sur la formation audiovisuelle pour documenter et transmettre les savoirs indigènes mais aussi l’apprentissage des langues étrangères afin de soutenir le plaidoyer international des communautés autochtones. En ligne de mire : le droit à la consultation libre et éclairée des peuples indigènes, la démarcation effective de leurs terres et la reconnaissance du crime d’écocide.

Phase IV – Grande Assemblée internationale des Gardiens de la Terre (2027)
En 2027, le projet atteindra un moment fondateur : la tenue d’une Grande Assemblée internationale réunissant 500 délégué·e·s issus de 100 peuples et de 40 pays. Ce sommet historique donnera lieu à l’adoption d’une Déclaration commune et à la définition d’une feuille de route collective pour prolonger et amplifier le mouvement Amazonia au-delà de 2027.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse un simple programme pédagogique. Il s’agit d’un changement de paradigme, d’un appel à rejoindre une aventure éducative qui relie les continents, les générations et les cœurs.
Le lancement du programme éducatif “Amazonia, Cœur de la Terre Mère” est un moment fondateur. Il vous concerne. Car il pose cette question : quelle mémoire transmettons-nous, et au nom de quel avenir ? L’équipe de Planète Amazone a fait son choix. Et vous ?
Empêché pour raisons de santé, le Cacique Raoni a désigné son petit-fils Tau Metuktire, qui devait l’accompagner, pour le représenter tout au long d’un agenda de haut niveau. La tournée permettra d’aller à la rencontre de milliers de jeunes, d’enseignants et d’acteurs de la transition écologique, tout en rendant hommage à l’engagement de toute une vie du Cacique Raoni pour la paix, la justice climatique et la défense des cultures indigènes.
Un grand projet pour unir peuples indigènes, jeunesse et acteurs de la transition
Au cœur de cette mobilisation : la présentation du projet international Amazonia, Cœur de la Terre-Mère, conçu par Planète Amazone à partir du film éponyme réalisé par Gert- Peter Bruch et la princesse Esmeralda de Belgique, et parrainé par le Cacique Raoni. Ce projet ambitieux a pour objectif prioritaire le soutien à l’éducation différenciée des jeunes indigènes directement dans leurs villages, afin d’éviter leur éloignement du territoire et l’acculturation. Il vise aussi à renforcer l’éducation climatique auprès de la jeunesse mondiale et à mobiliser les acteurs internationaux de la transition écologique, en Europe et ailleurs. Il s’agit à terme d’engager les différents secteurs de la société à coopérer directement avec les peuples indigènes afin de lutter plus efficacement contre le changement climatique et la perte de biodiversité.
Tau Metuktire : la nouvelle garde du peuple Kayapo
Encore peu connu du public français, le Cacique Tau a été choisi très jeune par son grand-père pour assurer la relève au sein de son peuple. Formé dès l’adolescence aux responsabilités collectives, Tau Metuktire fut envoyé dès 2006 pour représenter le Cacique Raoni en Europe, l’accompagnant plusieurs fois par la suite dans ses déplacements à l’étranger. Ce jeune Chef traditionnel du peuple Kayapó âgé de 43 ans est également professeur au sein de la terre indigène Capoto/ Jarina et partenaire de l’ONG Planète Amazone depuis sa création.
Planète Amazone, un engagement de longue date auprès des Gardiens de la forêt
De son côté, l’ONG Planète Amazone œuvre depuis près de quinze ans sur la scène internationale aux côtés des peuples indigènes. Fondée par Gert-Peter Bruch, qui accompagne le Cacique Raoni depuis leur rencontre en 1989 (alors qu’il était encore lycéen), elle produit des films à haute valeur pédagogique et organise régulièrement des rencontres interculturelles dans les écoles et universités européennes, en faveur du renforcement de l’éducation climatique.

Parmi les récits marquants du livre, l’un d’eux résonnera particulièrement pour celles et ceux qui connaissent ou soutiennent Planète Amazone. Arkan Simaan y consacre un chapitre entier à notre ONG et à l’Alliance des Gardiens de la Mère Nature, témoignant d’un engagement rare et profondément humain. On y devine, entre les lignes, une aventure faite de rencontres inoubliables, de luttes collectives et de moments forts vécus aux côtés du Cacique Raoni Metuktire, de Paul Watson et de nombreux représentants indigènes venus des quatre coins du monde.
Arkan nous livre un regard sensible et engagé sur une décennie de combats menés avec passion, depuis sa première rencontre avec Gert-Peter Bruch jusqu’aux coulisses de grandes mobilisations internationales. Un chapitre à la fois personnel et universel, qui touche au cœur et donne envie d’agir.
Ce livre est bien plus qu’un témoignage : c’est un cri de mémoire, de résistance et d’espoir, qui relie les luttes d’hier aux urgences d’aujourd’hui. À travers son récit, Arkan Simaan nous invite à ne pas oublier que l’exil, la répression, mais aussi la solidarité et l’engagement citoyen façonnent les grands combats de notre temps. Il nous rappelle que face à l’urgence écologique et à la violence faite aux peuples indigènes, aucun geste n’est vain quand il mène à l’engagement.
Un ouvrage à lire absolument pour toutes celles et ceux qui veulent mieux comprendre notre combat, et découvrir le parcours d’un homme qui, des geôles de la dictature brésilienne aux grandes tribunes internationales, n’a jamais cessé de défendre la liberté, la dignité humaine et l’espoir d’un autre monde.
À découvrir dès maintenant en librairie :
🇧🇷 Vem, vamos embora – imigração, ditadura e exílio, Amazon Brésil, Editora Insular
🇫🇷 Viens, on s’en va ! Immigration, dictature, exil, Éditions Zinedi
À travers une série d’événements marquants — la conférence “Reconnexion avec la Terre Mère” à l’Alliance Française, la participation au Sommet ChangeNOW et des interviews aux télévisions France24, TV5monde, aux radios France Inter et France Culture, et au média IMAGinGREEN — cette tournée a permis de présenter au plus grand nombre ce nouveau projet.
Inspirer, éduquer, mobiliser : des événements décisifs à l’Alliance Française et au sommet ChangeNOW

Planète Amazone a permis au public parisien de vivre des moments de transmission unique. Le 22 avril, nous avons co-organisé avec l’École de Secrets à l’Alliance Française une soirée de rencontre interculturelle au profit de la communauté du Cacique Ninawa et durant laquelle il a expliqué les difficultés de son peuple pour vivre et célébrer la connexion sacrée entre l’humain et la Terre. Cette rencontre passionnante a permis d’aborder des thèmes essentiels tels que l’éducation comme voie de préservation culturelle et la communication comme outil de résistance. Une soirée rendue mémorable par la présence de notre parrain Pierre Richard, engagé à nos côtés depuis plusieurs années et que nous avons eu la joie de retrouver pour ce bel événement.
Le 24 avril, dans le cadre du Sommet Change NOW, le Cacique Ninawa est intervenu lors de la conférence The Power of Law, où il a partagé une vision indigène du droit, envisagée comme un outil de protection du vivant. Cette participation a illustré l’un des objectifs phares de notre projet “Amazonia, Coeur de la Terre Mère”: reconnecter les savoirs traditionnels aux espaces de décision modernes, et faire reconnaître les droits des peuples indigènes et de la nature dans le droit international.
Pendant le Sommet, Gert-Peter Bruch et le Cacique Ninawa ont été interviewés par IMAGinGREEN, une organisation qui met en lumière des décideurs et artistes engagés dans la lutte contre le changement climatique. Un échange passionnant, à la croisée des cultures et des engagements pour la Terre Mère.
Le même soir, une projection exceptionnelle du film documentaire “Amazonia, Cœur de la Terre Mère” a rassemblé le public autour du témoignage puissant de Ninawa et de la vision portée par notre ONG depuis sa fondation. Ce film, co-réalisé par Gert-Peter Bruch et Esmeralda de Belgique, retrace notre engagement commun et les combats des peuples gardiens de la Terre Mère. Le débat qui a suivi a permis d’aborder des enjeux essentiels : démarcation des terres indigènes au Brésil, la COP 30, savoirs traditionnels, et résistance collective. La soirée s’est conclue par une cérémonie vibrante du peuple Huni Kui, scellant un moment de profonde connexion humaine et spirituelle.
Connecter l’Amazonie et l’Europe : le projet Amazonia mis en lumière dans les médias

Les voix de Planète Amazone et du Cacique Ninawa ont été portées par deux grandes chaînes françaises présentes à l’international le 23 avril : France 24 et TV5MONDE.
Sur le plateau de Parlons-en, les invités (France 24), invités exclusifs de Pauline Paccard de la matinale durant 45 minutes, le Cacique Ninawa, aux côtés de Gert-Peter Bruch président-fondateur de notre association, a dénoncé la destruction irréversible de la forêt amazonienne et l’inaction des institutions face à l’urgence climatique. Ensemble, ils ont plaidé pour la reconnaissance de l’écocide comme crime international et rappelé que la protection de la nature commence par l’écoute des peuples qui y vivent et la protègent depuis toujours.
Sur TV5MONDE, dans le journal 64’ Le Monde en Français, la discussion avec le journaliste Mohamed Kaci a mis en lumière la résistance des peuples indigènes face à l’agro-industrie et l’écocide, et la nécessité d’un développement réellement durable. Ces interventions médiatiques ont été l’occasion de souligner l’engagement profond et continu de Planète Amazone aux côtés des peuples gardiens de la Terre, en particulier par le biais du projet éducatif Amazonia, Cœur de la Terre Mère.
En clôture de la tournée, une interview diffusée sur France Inter au journal de 7h00, le 25 avril, a permis de toucher un public encore plus large en France. Grâce au soutien de Planète Amazone, cette prise de parole a transmis un message clair : l’Amazonie nous concerne toutes et tous, ici et maintenant.
Activement présente sur le terrain avec une délégation importante, Planète Amazone a renforcé ses liens avec les gardiens de la Terre Mère. Projections, rencontres, événements officiels ont été autant de moments forts pour permettre à Planète Amazone de présenter son grand projet éducatif et de fédérer les énergies dans la perspective de la COP30 qui aura lieu au Brésil.
Notre délégation engagée et intergénérationnelle
Composée de cinq membres, la délégation de Planète Amazone à l’ATL 2025 reflétait nos engagements :
- Gert-Peter Bruch, fondateur et président de l’association Planète Amazone et co-réalisateur du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère. Initiateur et porte-parole de notre engagement au long cours aux côtés des peuples indigènes, il a multiplié les prises de parole tout au long de la semaine.
- Le Cacique Taú Metuktire, petit fils du Cacique Raoni et chef traditionnel de la communauté Kayapó est engagé au côté de Planète Amazone depuis de nombreuses années. Il a notamment participé à 3 reprises à notre Tournée d’Impact “Amazonia, Coeur de la Terre Mère” en novembre 2024. Nous travaillons également activement avec lui dans le cadre de la préparation de plusieurs événements majeurs en juin prochain.
- Christiano Poletto, avocat, référent partenariats avec le Brésil et bénévole chez Planète Amazone depuis trois ans, a apporté un soutien juridique et organisationnel précieux tout au long de cette mission.
- Arkan Simaan et sa compagne Gilberte Simaan, cofondateur historique de Planète Amazone et conseiller des relations France-Brésil, nous a rejoints sur le terrain à l’occasion de la sortie brésilienne de son nouveau livre, consolidant la continuité de notre engagement mutuel.
- Enfin, Chloé Giraud, jeune étudiante suisse, en master 2 en pratiques et fondements de la durabilité, a intégré notre délégation dans la continuité de sa participation à notre événement du 25 novembre 2024 à l’Université de Lausanne. Grâce à ce déplacement, elle a pu renforcer ses recherches de terrain, rencontrer plusieurs leaders indigènes dont Watatakalu Yawalapiti, du haut Xingu, et représenter la jeunesse européenne dans le cadre de notre projet.
L’événement à l’Ambassade de France : un moment de diplomatie climatique et humaine

Le 7 avril, Planète Amazone a participé à un événement diplomatique d’ampleur organisé en partenariat avec la FUNAI à l’Ambassade de France à Brasília. En présence d’autorités de haut niveau — le Cacique Raoni Metuktire, l’activiste Watatakalu Yawalapiti et de nombreux autres leaders indigènes, la présidente de la FUNAI Joenia Wapichana, l’ambassadeur Emmanuel Lenain et le commissaire européen Wopke Hoekstra — la soirée a marqué un moment symbolique et politique fort dans le cadre du projet “Amazonia, Coeur de la Terre Mère”.
L’événement, ouvert par un message vidéo de la princesse Esmeralda de Belgique, co-réalisatrice du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère, a permis à Planète Amazone de rappeler son engagement indéfectible aux côtés des peuples indigènes.
Prenant la parole avant la projection du film, Gert-Peter Bruch a tenu un discours poignant :
« Votre mouvement donne une leçon de paix et d’unité au monde entier […] Mais la communauté internationale tarde encore à vous écouter. »
a-t-il déclaré aux chefs autochtones présents, dénonçant fermement l’attaque que représente le Marco Temporal contre leurs droits, et établissant un parallèle avec les reculs environnementaux et démocratiques en cours en Europe et aux États-Unis. Il a également souligné la portée mondiale de leur combat :
« Vous vous battez en réalité pour le monde entier. Il est temps de s’unir à vous.»
Gert a annoncé à cette occasion la venue prochaine en Europe du Cacique Raoni Metuktire pour le lancement de notre projet éducatif “Amazonia, Coeur de la Terre Mère” .
La présidente de la FUNAI, Joenia Wapichana, a salué l’engagement de l’ONG, soulignant l’importance de diffuser le film au Brésil et de renforcer les collaborations internationales pour la visibilité des luttes indigènes. Le Cacique Raoni a clôturé la soirée par un discours émouvant, appelant à la solidarité mondiale autour de la défense de la Terre Mère.
La salle, comble, comptait parmi le public une quarantaine de leaders indigènes, dont le Cacique Ninawa. Une soirée d’exception, entre diplomatie, culture et engagement, à l’image de la mission que porte Planète Amazone.
“Amazonia, Coeur de la Terre Mère” au Campement Terre Libre : formation et reconnaissance
Au cœur du Campement, dans la tente principale, une projection de 35 minutes de notre film non commercial « Amazonia, Cœur de la Terre Mère » a été organisée dans le cadre de la programmation officielle de l’APIB. Accueillie avec enthousiasme, elle a été suivie d’applaudissements nourris de la part des leaders présents. Pour Planète Amazone, cette reconnaissance est un signal fort : nos contenus audiovisuels, pensés comme des outils de formation et de mobilisation, atteignent pleinement leur objectif.
Une rencontre marquante avec la jeunesse francophone du Brésil
Le 9 avril, le Lycée Français François Mitterrand de Brasília, installé à Brasília depuis 51 ans et avec plus de 700 étudiants, a ouvert ses portes à Planète Amazone pour une projection exceptionnelle du film Amazonia, Cœur de la Terre Mère, suivie d’un échange passionnant avec son réalisateur et fondateur de l’association, Gert-Peter Bruch.
La séance a réuni plus de 200 élèves, de la classe de 5e à la 2nde, qui ont été sensibilisés et touchés par les témoignages puissants des leaders indigènes présents au film. Par la suite, une rencontre a eu lieu avec un groupe de 55 élèves de 1re spécialité HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques), particulièrement impliqués dans les enjeux de citoyenneté et de justice sociale.
Les discussions ont été d’une grande richesse, portant sur des sujets d’actualité brûlants :
- Le projet d’exploration pétrolière dans la marge équatorienne brésilienne, dénoncé par le Cacique Raoni lui-même auprès du président Lula, et ses conséquences directes sur l’équilibre des territoires indigènes.
- Le Marco Temporal, une réinterprétation alarmante de la Constitution brésilienne de 1988, qui menace de vider de leur substance les droits fonciers des peuples indigènes.
- L’accord commercial UE-Mercosur, dont les effets délétères concernent non seulement les peuples traditionnels d’Amazonie, mais aussi les agriculteurs européens.
- Enfin, un appel à la conscience politique et écologique des jeunes générations a émergé avec force, face à une désinformation croissante dans les débats publics.
L’échange, ponctué d’applaudissements nourris, s’est clôturé sur une note d’espoir, à la hauteur de l’engagement et de la sensibilité manifestés par les élèves.
Planète Amazone adresse ses remerciements sincères à M. Laurent Lenogue, aux enseignants et enseignantes, ainsi qu’à tous les élèves pour leur accueil, leur curiosité et leur mobilisation. Ces instants de dialogue intergénérationnel sont essentiels pour faire germer des vocations, et rappeler que prendre en considération la voix des peuples indigènes est une urgence planétaire.
Dialogues institutionnels et perspectives pour la COP30

Le 8 avril, une rencontre officielle au Ministère de l’Environnement avec Edel Moraes, secrétaire nationale des peuples et communautés traditionnelles, a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration pour la COP 30. Une discussion essentielle a porté sur la nécessité de reconnaître la diversité des populations traditionnelles du Brésil, incluant les peuples indigènes, mais aussi les Quilombolas et les Ribeirinhos, qui auront un espace dédié à Belém en 2025. Une invitation à contribuer à cet espace nous a d’ores et déjà été adressée.
Rencontres stratégiques avec les organisations indigènes
Tout au long de la semaine, de nombreuses rencontres de terrain ont nourri notre action. Parmi elles :
- Un échange de qualité avec l’ATIX (Associação Terra Indígena do Xingu, Mato Grosso), en présence d’une trentaine de leaders (jeunes, femmes, caciques), dont Bruce Kuikuro, désormais référent pour initier un dialogue renforcé avec sa communauté.
- Une prise de contact prometteuse avec l’UNIVAJA (União dos Povos indígenas do Vale do Javari), organisation du Vale do Javari, région à forts enjeux sécuritaires.
- Des retrouvailles avec le CIMI, partenaire historique avec lequel nous envisageons de nouveaux projets pour la COP 30.
- Un moment marquant avec le Conseil Aty Guasu des Guarani Kaiowá, peuple confronté à une violence constante, mais qui résiste grâce à l’éducation : au moins trois enseignants étaient présents, témoignant de l’importance de l’accès à la connaissance.
- Des échanges enrichissants avec les femmes Satéré-Mawé (ANMIGA), dont une représentante a inspiré notre délégation.
- Et d’autres rencontres informelles mais prometteuses avec plusieurs communautés présentes à l’ATL.
Finalement, le 10 avril, Planète Amazone a participé à la grande marche indigène, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans les rues de Brasília. Militante, pacifique, mais résolument déterminée, elle a incarné la force collective des peuples indigènes du Brésil.

Solidarité internationale autour de la défense des peuples et de la Terre Mère
La participation de Planète Amazone à cette 21e édition du Campement Terre Libre confirme la nécessité de tisser des alliances solides, justes et durables entre les peuples indigènes et la société civile internationale. Nous devons construire un espace diplomatique fondé sur la vérité des peuples, leur parole, leur sagesse, et leur droit fondamental à l’autodétermination.
En poursuivant les dialogues et liens établis avec les peuples indigènes et autorités présentes, et en construisant des ponts entre les territoires, les générations et les cultures, nous posons les fondations d’un monde capable de se réinventer au contact des savoirs autochtones, de l’engagement des jeunes et de la force des alliances humaines.